Avis sur le CMS MODX : mon retour d’expérience d’expert, sans filtre

Alain Tchedje
Avis CMS MODX
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Ce CMS open source et gratuit convient aux développeurs qui veulent un code propre et un contrôle total sur leur HTML, leur CSS et leur JavaScript. Je le recommande pour un site vitrine, un site institutionnel ou un contenu servi en API, comme l’Université de Fribourg qui l’a retenu pour ses sites publics. Je le déconseille si vous cherchez un blog lancé en cinq minutes : WordPress va plus vite.

Critère Donnée
Création 2004, par Raymond Irving et Ryan Thrash
Licence GPL, gratuit et open source
Dernière version majeure 3.2.0, le 17 février 2026
PHP minimum (MODX 3.2) 8.1
Note Capterra 4,6/5 sur 64 avis
Part de marché MODX 0,1 % des sites à CMS connu (W3Techs, 2026)
Part de marché WordPress 59,8 % des sites à CMS connu
Extensions environ 800 pour MODX, plus de 60 000 pour WordPress

Pourquoi ai-je adopté MODX pour mes projets web ?

MODX naît en 2004. Sa réécriture complète, Revolution, sort en 2010, et la société MODX LLC est fondée en mai 2010. Les avis le décrivent comme un cadre de gestion de contenu plutôt qu’un CMS classique : aucun gabarit n’est imposé, donc vous intégrez votre propre code.

Selon moi, cette séparation totale entre le template (le gabarit d’une page) et le CMS est le meilleur argument. Vous créez votre design sans partir d’un modèle WordPress générique. MODX sert aussi du JSON en plus du HTML, ce qui ouvre la porte à l’API et au headless (un site dont l’affichage est séparé de la gestion du contenu).

Le coût compte aussi : le logiciel est gratuit, vous choisissez votre hébergement, et MODX Cloud reste une option payante. Capterra donne 4,6/5 sur 64 avis, avec 4,7/5 pour le support client.

Qu’est-ce que j’apprécie le plus dans MODX au quotidien ?

Qu'est ce que j'apprécie le plus dans MODX au quotidien

Les pages sont des ressources, organisées en arbre dans le Manager, l’interface d’administration. Chaque élément du site a sa place :

  • Template : le gabarit d’une page.
  • Chunk : un bloc HTML réutilisable, comme un en-tête partagé.
  • Snippet : un petit programme PHP qui renvoie du contenu dynamique.
  • TV : un champ personnalisé que l’éditeur remplit pendant que vous gardez la main sur l’affichage.
  • Extra : un module complémentaire.

Cette organisation évite de mélanger PHP et HTML, ce que je trouve plus propre à maintenir. Le Package Manager installe et met à jour les Extras depuis le Manager. Parmi mes Extras de référence figurent Collections, qui regroupe des contenus sans alourdir l’arbre, Tagger, testé jusqu’à un million de tags, ainsi que getResources, getPage, CKEditor et pdoTools.

Le cache natif reçoit aussi des éloges. Un avis Capterra juge celui de MODX supérieur à celui des autres CMS et note un score Google PageSpeed fortement amélioré.

Quels défauts de MODX m’ont posé problème ?

Voici les critiques que je retiens, avec la version concernée :

  • Manager (MODX 2.x) : un avis d’avant MODX 3 cite l’ancienne version d’ExtJS comme principal problème. Sous MODX 3, la rénovation passe par des composants tiers : MiniShop3 utilise Vue 3 et PrimeVue via le paquet VueTools.
  • Communauté : petite, avec peu de plugins et beaucoup d’anciens modules, dont certains fonctionnent encore à 100 % (avis Capterra).
  • Templates et éditeur : peu de templates prêts à l’emploi et aucun éditeur visuel complet. Fred, un Extra, comble en partie ce manque.
  • Déploiement : un avis Capterra juge le passage par GitHub fastidieux. L’avis est ancien, donc je le nuance.
  • Compatibilité MODX 3 : tous les anciens Extras ne sont pas portés. MiniShop3 exige MODX 3.0+ et PHP 8.1+, et change les noms de classes et de réglages par rapport à miniShop2.

MODX est-il vraiment difficile à prendre en main ?

La simplicité d’usage obtient 4/5 sur Capterra, la note la plus basse des quatre critères. Un avis parle d’une courbe d’apprentissage plus longue, et un forum juge MODX plus dur à lancer que WordPress, avec sa propre terminologie et sa propre syntaxe de balises.

La documentation officielle compense avec une série de vidéos : installation (MODX Cloud ou cPanel), import de HTML, premier template, chunks, snippets PHP et TV. Le message de bienvenue après l’installation présente aussi les éléments de base.

Pour un blog, WordPress va plus vite. En revanche, si vous savez intégrer du HTML, MODX convient mieux. Côté prérequis, MODX 3.2 exige PHP 8.1 minimum : les anciennes pages indiquant PHP 7.2 sont dépassées.

Que valent la vitesse et la sécurité de MODX en pratique ?

la vitesse et la sécurité de MODX en pratique

Vitesse

Par défaut, MODX écrit son cache sur le disque, dans le dossier core/cache/, et gère aussi APC, memcache(d) et WinCache. Le plugin statcache, écrit par Jason Coward, architecte de MODX, enregistre les pages en HTML statique que nginx ou Apache servent avant MODX. Son auteur annonce un gain d’un ordre de grandeur, sans chiffre.

Je n’écris donc pas que MODX bat WordPress : aucun benchmark indépendant chiffré n’existe. Mon avis repose sur le mécanisme du cache. Un comparatif de 2026 note aussi que l’écart se réduit face à un WordPress bien optimisé.

Sécurité

La dernière faille notable, CVE-2025-28010, publiée le 13 mars 2025, est une XSS via un fichier SVG envoyé en photo de profil. Sa gravité atteint 5,4/10 et elle touche les versions antérieures à 3.1.0. Les failles de 2017 à 2019 concernent surtout MODX 2.x.

Pour durcir un site, la documentation officielle recommande :

  1. Interdire l’accès public au dossier core.
  2. Protéger ou déplacer l’URL du Manager.
  3. Ajouter un mot de passe .htaccess et utiliser ModSecurity.
  4. Mettre à jour le serveur, MODX et les Extras dès qu’un correctif sort.

L’Extra TwoFactorX, publié le 9 juillet 2025, ajoute la double authentification. Côté WordPress, patchstack.com recense 11 334 nouvelles failles en 2025, soit +42 % face aux 7 966 de 2024, dont 91 % dans des plugins. Je ne compare pas les deux CMS faille par faille : aucun chiffre fiable ne le permet.

Pour quels profils et quels projets je recommande MODX ?

Je le recommande à ces profils :

  • Les intégrateurs et concepteurs de sites.
  • Les agences et entreprises de services.
  • Les équipes qui veulent un code propre et un contrôle complet.

Les comparatifs concluent que MODX vise les développeurs et WordPress les débutants. Il convient aux sites vitrines, aux sites institutionnels et au contenu servi en API. Pour une boutique, MiniShop3 propose une API REST pour le headless, et mFilter ajoute un filtrage à facettes avec URL SEO.

Côté hébergement, MODX Cloud offre 7 jours d’essai, le déménagement gratuit du premier site, des sauvegardes nocturnes de 1 à 30 jours, un SSL gratuit et un SLA de 99,99 %. La formule Enterprise démarre à 3 000 $ par mois.

Dans quels cas je déconseille MODX ?

Je le déconseille dans ces situations :

  • Vous visez un blog ou un site en cinq minutes : les comparatifs d’agences donnent l’avantage à WordPress en prise en main et en délai de livraison.
  • Vous comptez sur un large choix d’extensions : environ 800 Extras annoncés sur modx.com, contre plus de 60 000 plugins gratuits pour WordPress.
  • Vous voulez un éditeur de pages complet dès l’installation.
  • Votre serveur n’a pas PHP 8.1 ou plus, ou vous n’utilisez pas MySQL, base recommandée que la plupart des Extras supportent mieux que les autres.

MODX reste-t-il un bon choix en 2026 face à WordPress et aux alternatives ?

Le projet avance : MODX 3.2.0 sort le 17 février 2026 avec la compatibilité PHP 8.5, un Manager adapté au mobile et un meilleur rendu des TV, puis 3.2.1 le 13 mai 2026. L’Extra modAI, né d’un hackathon MODX x IA, atteint sa première version de production le 25 mars 2025. Rien n’indique un abandon du CMS.

Un point demande de l’attention : modmore a arrêté le support de MODX 3.0 pour ses Extras le 18 décembre 2025 et exige PHP 8.2 depuis le 1er janvier 2026. Restez donc à jour.

Sur w3techs.com, MODX pèse 0,1 % des sites à CMS connu, face à 59,8 % pour WordPress, 2,1 % pour Joomla, 1,2 % pour Drupal et 0,2 % pour Craft CMS. Craft et Statamic ciblent aussi les développeurs. Mon verdict : si vous maîtrisez le code, MODX reste un choix solide ; sinon, WordPress vous fera gagner du temps.

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Alain est développeur web et éditeur de sites. Il maîtrise WordPress, Elementor, le référencement naturel (SEO), l’intégration HTML/CSS et la création de contenus pour le web. Sur TutoCMS.fr, il partage ce qu’il a appris sur les CMS pour vous aider à construire des sites propres, pas à pas.
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